3 idées à l’usage de la souveraineté populaire

Chers lecteurs,

je m’étais absenté, mais me voici revenir pour vous exposer trois idées à l’usage de la souveraineté populaire. La souveraineté populaire vous connaissez sans doute, elle s’exprime régulièrement par des élections au cours desquelles les citoyens désignent leurs représentants politiques.

Encore que l’affaire ne soit pas si simple, et on ne peut pas dire que les Français aient fait un usage prudent de leur droit de vote en donnant une majorité à un petit dictateur en herbe.

La circonstance aggravante pour ces députés godillots est qu’ils ne sont rien hors de leur réseau, donc ils sont totalement dans la main du Président qui les a fait élire, et des financiers qui ont fait élire le Président.

La question qui se pose donc pour nous le peuple c’est comment trouver de bons candidats aux législatives. Il existe des solutions, et je vais vous en exposer une, qui s’appelle la cooptation par le bas.

La cooptation par le bas

C’est très simple. Comme la loi nous y autorise nous pouvons demander à la préfecture les listes électorales de notre circonscription. Nous pouvons alors tirer au sort un échantillon représentatif de mille personnes au sein du corps électoral, un peu comme font (ou sont sensés faire) les instituts de sondage.

Sur ce, demandons à ces mille personnes, individuellement, par qui elles voudraient être représentées à l’Assemblée nationale. Elles peuvent désigner n’importe qui, dans leur entourage, en tout cas n’importe qui qui leur inspire confiance.

Si plusieurs grands électeurs, appelons-les comme cela, désignent la même personne, et que cette personne est consentante à se présenter à la députation, je pense que nous avons trouvé là un bon candidat dans la circonscription.

Nous pourrons ensuite donner un coup de pouce à ce candidat en publiant un sondage basé sur ce même échantillon qui lui a donné sa légitimité.

Le vote quantique, ou bayésien

Encore que pour qu’un tel candidat l’emporte, il faut que les votants responsables votent pour lui, ce qui est loin d’être évident. En effet un votant responsable aura plutôt tendance à s’abstenir s’il ne connaît pas personnellement pour qui il vote, ou s’il ne connaît pas précisément les idées de ce dernier.

Car n’oublions pas que de nombreux compatriotes ont voté pour des macronistes inconnus en 2017, on a vu ce que ça a donné.

Une solution pour soutenir un petit candidat sans engager totalement sa responsabilité peut être de lui donner uniquement une demi-voix. Par exemple dans l’isoloir vous prenez son bulletin de vote, ainsi qu’un vote blanc ou nul, vous fermez les yeux, vous mélangez les deux bulletins, vous en glissez un dans l’enveloppe, et jetez l’autre à la poubelle.

Voilà c’est bon, vous pouvez ouvrir les yeux. Dirigez-vous vers l’urne, glissez-y l’enveloppe, et voilà, c’est bon, vous venez de réaliser un vote bayésien, plus connu sous le nom de vote quantique.

Concrètement vous avez voté soit pour le candidat citoyen, soit pour personne, vu que ni les bulletins blancs ni les nuls ne sont comptabilisés comme exprimés. Mais si mille personnes font comme vous, cela fera environs 500 voix pour le candidat coopté par le bas.

Les chaînes sémantiques

Maintenant me direz-vous, la souveraineté populaire ne s’exprime pas que par le vote, fût-il républicain, et je suis bien d’accord avec vous.

Le premier droit du souverain est celui de s’exprimer sans intermédiaire. Et pas forcément pour désigner des représentants. Le peuple peut s’exprimer pour dire ce qu’il veut, même si cela ne plaît pas aux médias de masse.

Pour ce faire, nous pouvons dériver un concept évoqué par Alexandra Henrion-Caude. La généticienne a énoncé que les chaînes humaines sont un bon moyen pour changer les choses. Elle s’appuie sur l’expérience dans les pays baltes à la chute du régime communiste.

Imaginez donc un millions de Français se donnant la main pour former une chaîne continue entre Lille et Marseille pour dire non au pass sanitaire. Et un autre million entre Brest et Strasbourg pour dire qu’il faut réintégrer les soignants et pompiers qui ont refusé la « vaccination ».

Cependant, pour arriver à un exploit aussi impressionnant, il faut déjà être capable de réaliser des bébé-chaînes, ou des embryons de chaînes. C’est là qu’interviennent les chaînes sémantiques. Il s’agit de relier des concepts au moyen d’êtres humains.

Par exemple, si l’on veut s’offusquer du discours anxiogène des médias de masse au sujet d’épidémies somme toute pas plus mortelles que d’habitude, on peut faire le lien entre média de masse d’une part et peur de la mort d’autre part.

Concrètement, on peut faire une chaîne humaine d’un siège de gros média jusqu’à un cimetière. À Paris par exemple cela peut aller du siège de BFMTV jusqu’au père Lachaise.

Ce lien sémantique n’est fourni qu’à titre indicatif, la créativité populaire en trouvera sans doute de bien plus pertinents, d’un Parlement jusqu’à une déchetterie, je ne dis que les premières choses qui me passent par la tête bien entendu.

Et ce qui est intéressant, c’est qu’à force de chaînes humaines sémantiques, des liens entre concepts pourront sans doute s’articuler en discours citoyen, nous aimerions bien savoir ce que cela va donner.

Le vote quantique

Bonjour. Aujourd’hui nous allons suivre une leçon sur le vote quantique. Cette leçon fait suite à celle sur la cooptation par le bas, qui rappelez vous bien, est une combinaison de deux techniques usitées dans l’antiquité, à savoir le tirage au sort et le vote prépondérant. Le tirage au sort a été particulièrement utilisé dans la sphère politique d’Athènes entre les Vème et IVème siècles avant JC. Le vote prépondérant quant-à lui nous vient des tribus romaines qui faisaient voter une tribu en premier — la tribu prépondérante —, et les autres connaissant le résultat votaient souvent de la même manière.

La cooptation par le bas consiste donc à tirer au sort une tribu prépondérante dans une circonscription électorale. Vous n’avez pas forcément besoin de connaître les détails de cette technique, vu qu’elle est réservée à une avant-garde citoyenne, composée de militants de la démocratie réelle. Il vous suffira de savoir que le vote de la tribu prépondérante — la représentation sociologique de la circonscription dirons nous de nos jours — fait intervenir notamment les concepts bien connus d’élection sans candidat et de respect du vote blanc.

Par contre si vous êtes français vous êtes dans le peuple élu des dieux pour expérimenter le vote quantique, qui nous vient du peuple qui a érigé les pyramides et qui est retourné d’où il venait il y a bien longtemps déjà. Peuple français tu es vraiment le plus grand peuple politique de tous les temps. Tu es le premier à avoir réellement compris que la couronne on ne la prend pas, on la reçoit. Puis ton élite a patiemment développé au cours des siècles les concepts nécessaires à un état-nation pérenne. Tu as même ébloui le monde entier avec ta révolution qui proclame qu’en termes de charges politiques, naissance n’est sens.

Il est temps d’aller plus loin. En politique, même le cens n’a pas de sens. Autrement dit, tout le monde doit profiter de la représentation politique, pas uniquement les multinationaux qui financent les campagnes. Cette deuxième révolution est maintenant possible, car les nations voisines ont déjà bien progressé sur leur chemin évolutif, et la jonction va bientôt pouvoir se faire pour que tous puissent profiter des exploits réalisés par chacun dans le domaine qui lui est propre. Dans cette perspective le vote quantique n’est qu’un élément au sein de la constitution citoyenne, qui n’est qu’un ensemble d’idées-outils à l’usage de la souveraineté populaire.

Maintenant qu’il est introduit, de quoi s’agit-il ? Pour le comprendre rien n’est plus simple que de s’inspirer du chat de Schrödinger, ce chat quantique inséré dans une boîte. L’opacité de la boîte fait que le seul moyen de savoir si le chat est vivant ou mort, est d’ouvrir la boîte. Même la main qui a placé le chat dans la boîte ne peut pas faire autrement. Alors résumons, le chat ne peut être que dans deux états possibles — vivant ou mort — et nous allons découvrir cet état lorsque nous allons ouvrir la boîte. Alors maintenant on pourrait imaginer plus d’états, chat malade, chat dansant, chapeau d’paille, avec des probabilités très différentes.

Quel rapport avec le vote ? On y arrive. Maintenant imaginez non pas un chat dans tous ses états, mais un bulletin de vote pouvant désigner tel ou tel candidat. Il est prisonnier non pas dans une boîte, mais dans une enveloppe. Et cette enveloppe est dans une urne. Vous commencez à comprendre ? Ne vous inquiétez pas, cela va bientôt être plus clair. La main qui a mis le bulletin dans l’enveloppe, c’est la vôtre. Il s’agit peut-être d’ailleurs d’un bulletin blanc, ou même d’un bulletin nul : par exemple le bulletin d’un parti mais dont vous auriez préféré un autre candidat. Vous avez donc barré le nom du candidat et écrit un autre nom dessus.

Mais de la même manière que la main qui a mis le chat dans la boîte ne sait pas dans quel état il va ressortir, vous, vous avez mis un bulletin dans l’enveloppe, mais vous ne savez pas lequel. Sauf évidemment si pour vous il n’y avait qu’un seul vote possible, auquel cas il vous était totalement inutile de lire ce long texte, je suis désolé pour vous. Pour vous consoler dans cette éventualité, je peux préciser que le vote quantique est favorable aux petits partis, car il permet aux votants de donner une partie de leur suffrage à des candidats qu’ils ne connaissent pas suffisamment pour les soutenir à 100%. Bon maintenant si vous soutenez exclusivement un parti actuellement au pouvoir, vous êtes un ennemi de la France, et je suis bien content de vous avoir fait perdre votre temps. Dans ce cas je vous souhaite d’ailleurs à vous et à vos semblables une horrible mort politique dans d’atroces souffrances médiatiques.

On est presque arrivé. Imaginons que vous hésitez entre trois candidats. Vous voudriez donner 50% à l’un, et 25 % aux deux autres. Auquel quel cas vous prenez deux bulletins de votre candidat préféré (un pris dans le bureau de vote et un autre que vous avez conservé du courrier électoral reçu à domicile). Et un bulletin de chacun des deux autres. Vous fermez les yeux, mélangez les quatre bulletins, en jetez trois à la poubelle à cet effet, glissez le restant dans l’enveloppe. Fermez. C’est bon, vous pouvez ouvrir les yeux. Certains pratiquants réalisent l’opération les yeux ouverts, comme Michel Drac lors des dernières élections. Mais on parle alors de vote aléatoire, pas de vote quantique. Le vote aléatoire est surtout utile lorsque les deux votes sont équiprobables. Mais dans l’exemple plus haut il vaut mieux se dire que l’on a voté 50-25-25 que de savoir, une fois sur deux, que l’on a mis un bulletin qui ne nous satisfait qu’au quart.

Pourquoi le vote quantique est-il si puissant ? Parce que c’est la réponse populaire au fait que les médias de masse peuvent promouvoir à coup de matraquage publicitaire le premier choix chez beaucoup d’électeurs. D’un point de vue individuel, nous pouvons affirmer notre personnalité politique d’une manière beaucoup plus nuancée qu’avec le vote exclusif. D’un point de vue collectif, cela nous permet de tirer parti de notre force, la force du nombre, pour une manifester une volonté générale ne perdant rien de notre identité politique à chacun.

L’Esprit de la France vous a laissé tomber bien bas du fait d’un vulgaire couillonavirus, pour que vous preniez conscience de l’importance de bien choisir ses représentants politiques. Alors, peuple français, as-tu bien compris la leçon ? Voudras-tu bien élever le niveau de ton jeu ? Cela fait longtemps que nous ne t’avons pas vu quoi tu étais capable. Nous oublions vite. Nous sommes vieux.