Bilan de l’action au départementales

Bref de bilan de l’action sur les départementales. C’est un échec total. Je ne suis pas allé jusqu’au bout. Sans doute parce que j’étais tout seul. J’ai bien commencé, je suis allé vite, jusqu’à l’étape du courrier. Mais des gens plus expérimentés m’ont fait comprendre qu’envoyer un courrier à 100 personnes ne serait pas suffisant. Et ils ont raison. Il faut envoyer 1000 courriers pour avoir une chance d’avoir une réponse.

Mais envoyer 1000 courriers, assurer le suivi, les coûts financiers, c’est trop pour un seul homme. Alors je me suis découragé. J’ai laissé tomber l’affaire.

Par la suite j’ai soutenu à fond une candidature inspirée par Louis Fouché dans un canton voisin. Mon cœur a battu, c’était excitant. Mais le résultat est faible, à peine 1%.

Cela m’a en fait montré que j’avais eu tord de me décourager puisque que j’ai sans doute dépensé beaucoup plus de temps, d’énergie et d’argent pour soutenir des gens qui de toute évidence n’étaient pas faits pour être candidats, que je ne l’aurais fait pour trouver justement de bons candidats « cooptés par le bas ».

Mais bon, le résultat n’est pas 100 % négatif non plus. Cela m’a permis de parler de mes idées à des citoyens, voir ou cela bloquait, voir ou cela peut encore avancer.

3 idées à l’usage de la souveraineté populaire

Chers lecteurs,

je m’étais absenté, mais me voici revenir pour vous exposer trois idées à l’usage de la souveraineté populaire. La souveraineté populaire vous connaissez sans doute, elle s’exprime régulièrement par des élections au cours desquelles les citoyens désignent leurs représentants politiques.

Encore que l’affaire ne soit pas si simple, et on ne peut pas dire que les Français aient fait un usage prudent de leur droit de vote en donnant une majorité à un petit dictateur en herbe.

La circonstance aggravante pour ces députés godillots est qu’ils ne sont rien hors de leur réseau, donc ils sont totalement dans la main du Président qui les a fait élire, et des financiers qui ont fait élire le Président.

La question qui se pose donc pour nous le peuple c’est comment trouver de bons candidats aux législatives. Il existe des solutions, et je vais vous en exposer une, qui s’appelle la cooptation par le bas.

La cooptation par le bas

C’est très simple. Comme la loi nous y autorise nous pouvons demander à la préfecture les listes électorales de notre circonscription. Nous pouvons alors tirer au sort un échantillon représentatif de mille personnes au sein du corps électoral, un peu comme font (ou sont sensés faire) les instituts de sondage.

Sur ce, demandons à ces mille personnes, individuellement, par qui elles voudraient être représentées à l’Assemblée nationale. Elles peuvent désigner n’importe qui, dans leur entourage, en tout cas n’importe qui qui leur inspire confiance.

Si plusieurs grands électeurs, appelons-les comme cela, désignent la même personne, et que cette personne est consentante à se présenter à la députation, je pense que nous avons trouvé là un bon candidat dans la circonscription.

Nous pourrons ensuite donner un coup de pouce à ce candidat en publiant un sondage basé sur ce même échantillon qui lui a donné sa légitimité.

Le vote quantique, ou bayésien

Encore que pour qu’un tel candidat l’emporte, il faut que les votants responsables votent pour lui, ce qui est loin d’être évident. En effet un votant responsable aura plutôt tendance à s’abstenir s’il ne connaît pas personnellement pour qui il vote, ou s’il ne connaît pas précisément les idées de ce dernier.

Car n’oublions pas que de nombreux compatriotes ont voté pour des macronistes inconnus en 2017, on a vu ce que ça a donné.

Une solution pour soutenir un petit candidat sans engager totalement sa responsabilité peut être de lui donner uniquement une demi-voix. Par exemple dans l’isoloir vous prenez son bulletin de vote, ainsi qu’un vote blanc ou nul, vous fermez les yeux, vous mélangez les deux bulletins, vous en glissez un dans l’enveloppe, et jetez l’autre à la poubelle.

Voilà c’est bon, vous pouvez ouvrir les yeux. Dirigez-vous vers l’urne, glissez-y l’enveloppe, et voilà, c’est bon, vous venez de réaliser un vote bayésien, plus connu sous le nom de vote quantique.

Concrètement vous avez voté soit pour le candidat citoyen, soit pour personne, vu que ni les bulletins blancs ni les nuls ne sont comptabilisés comme exprimés. Mais si mille personnes font comme vous, cela fera environs 500 voix pour le candidat coopté par le bas.

Les chaînes sémantiques

Maintenant me direz-vous, la souveraineté populaire ne s’exprime pas que par le vote, fût-il républicain, et je suis bien d’accord avec vous.

Le premier droit du souverain est celui de s’exprimer sans intermédiaire. Et pas forcément pour désigner des représentants. Le peuple peut s’exprimer pour dire ce qu’il veut, même si cela ne plaît pas aux médias de masse.

Pour ce faire, nous pouvons dériver un concept évoqué par Alexandra Henrion-Caude. La généticienne a énoncé que les chaînes humaines sont un bon moyen pour changer les choses. Elle s’appuie sur l’expérience dans les pays baltes à la chute du régime communiste.

Imaginez donc un millions de Français se donnant la main pour former une chaîne continue entre Lille et Marseille pour dire non au pass sanitaire. Et un autre million entre Brest et Strasbourg pour dire qu’il faut réintégrer les soignants et pompiers qui ont refusé la « vaccination ».

Cependant, pour arriver à un exploit aussi impressionnant, il faut déjà être capable de réaliser des bébé-chaînes, ou des embryons de chaînes. C’est là qu’interviennent les chaînes sémantiques. Il s’agit de relier des concepts au moyen d’êtres humains.

Par exemple, si l’on veut s’offusquer du discours anxiogène des médias de masse au sujet d’épidémies somme toute pas plus mortelles que d’habitude, on peut faire le lien entre média de masse d’une part et peur de la mort d’autre part.

Concrètement, on peut faire une chaîne humaine d’un siège de gros média jusqu’à un cimetière. À Paris par exemple cela peut aller du siège de BFMTV jusqu’au père Lachaise.

Ce lien sémantique n’est fourni qu’à titre indicatif, la créativité populaire en trouvera sans doute de bien plus pertinents, d’un Parlement jusqu’à une déchetterie, je ne dis que les premières choses qui me passent par la tête bien entendu.

Et ce qui est intéressant, c’est qu’à force de chaînes humaines sémantiques, des liens entre concepts pourront sans doute s’articuler en discours citoyen, nous aimerions bien savoir ce que cela va donner.

Premier discours à Gif

Bonjour, je m’appelle Bertrand et je suis magnycoi. Magnycoi c’est habitant de Magny les Hameaux, une commune limitrophe de Gif. Comme beaucoup j’ai été scandalisé par les annonces du chef de l’état au mois de juillet au sujet du pass sanitaire et de l’obligation vaccinale pour les soignants et pompiers. Et je dois avouer que cela fait chaud au cœur de voir que trois mois plus tard il y a encore des gens qui manifestent contre ces lois iniques et autoritaires.

Cela fait chaud au cœur, car du côté du Parlement, la situation s’est encore dégradée. Si la majorité sénatoriale était fondée il y a quelques mois de ne pas s’opposer frontalement à l’Assemblée nationale, et obtenir tout de même une limitation dans le temps de ces mesures injustes, il en est maintenant tout autrement. Les députés malfaisants de la majorité présidentielle nous ont bien fait comprendre que pour eux, limité dans le temps, ça veut dire éternel !

Comme le président Macron, qui nous assurait en novembre dernier qu’il ne rendrait pas la vaccination obligatoire, ou son ministre Véran pour qui jamais un pass sanitaire ne pourrait être exigé pour rentrer dans un restaurant, ces gens là ne vivent que par le mensonge ! Ils mentent en permanence, ils tordent les chiffres pour leur faire dire n’importe quoi, ils se basent sur des indicateurs peu fiables et dont ils peuvent influer les valeurs pour justifier leurs politiques déplorables.

L’exemple le plus fameux est celui des soit-disant tests pour mesurer la propagation d’épidémies. Cela peut avoir un sens si tout le monde est testé tout le temps, ou si l’on teste les gens symptomatiques pour confirmer un diagnostique médical. Mais les tests politiques comme ceux qui sont pratiqués donnent des résultats politiques. Plus on teste, plus il a de cas. D’autant plus que l’on remarque assez souvent des résultats incohérents de ces tests. Que ce soient des faux positifs ou des faux négatifs.

Alors un indicateur fiable serait la mortalité, car les données sont remontées par l’État civil pour être agrégées par l’INSEE. Alors l’INSEE interprète mal les données, ça c’est pas nouveau, mais les données brutes elles sont fiables. Que disent-elles ? Qu’en 2020 il n’y a pas eu de moratité particulière. La mortalité est en baisse pour les moins de 60 ans, en hausse pour les plus de 60 ans, mais cela ne compense pas l’effet moisson dans cette catégorie. L’effet moisson est celui qui dit que si il y a eu moins de morts que prévu les 2-3 années précédentes – et c’est une chance – et bien l’année d’après il y a un rattrapage.

Donc au final le gouvernement a enfermé les gens chez eux, il a endetté le pays comme jamais, il suspend des soignants et des pompiers, il a masqué les enfants à partir de six ans, tout ça pour quoi ? Eh bien on ne sait pas vraiment en fait. Cela aurait pu se justifier pour une épidémie particulièrement mortelle pour laquelle les gens tomberaient dans la rue. Mais là rien de cela. Et qu’on ne nous dise pas que c’était pour désengorger les réanimations des hôpitaux ! Car en fermant des lits, et en suspendant des soignants, cela n’arrange pas la situation !

Le vote quantique

Bonjour. Aujourd’hui nous allons suivre une leçon sur le vote quantique. Cette leçon fait suite à celle sur la cooptation par le bas, qui rappelez vous bien, est une combinaison de deux techniques usitées dans l’antiquité, à savoir le tirage au sort et le vote prépondérant. Le tirage au sort a été particulièrement utilisé dans la sphère politique d’Athènes entre les Vème et IVème siècles avant JC. Le vote prépondérant quant-à lui nous vient des tribus romaines qui faisaient voter une tribu en premier — la tribu prépondérante —, et les autres connaissant le résultat votaient souvent de la même manière.

La cooptation par le bas consiste donc à tirer au sort une tribu prépondérante dans une circonscription électorale. Vous n’avez pas forcément besoin de connaître les détails de cette technique, vu qu’elle est réservée à une avant-garde citoyenne, composée de militants de la démocratie réelle. Il vous suffira de savoir que le vote de la tribu prépondérante — la représentation sociologique de la circonscription dirons nous de nos jours — fait intervenir notamment les concepts bien connus d’élection sans candidat et de respect du vote blanc.

Par contre si vous êtes français vous êtes dans le peuple élu des dieux pour expérimenter le vote quantique, qui nous vient du peuple qui a érigé les pyramides et qui est retourné d’où il venait il y a bien longtemps déjà. Peuple français tu es vraiment le plus grand peuple politique de tous les temps. Tu es le premier à avoir réellement compris que la couronne on ne la prend pas, on la reçoit. Puis ton élite a patiemment développé au cours des siècles les concepts nécessaires à un état-nation pérenne. Tu as même ébloui le monde entier avec ta révolution qui proclame qu’en termes de charges politiques, naissance n’est sens.

Il est temps d’aller plus loin. En politique, même le cens n’a pas de sens. Autrement dit, tout le monde doit profiter de la représentation politique, pas uniquement les multinationaux qui financent les campagnes. Cette deuxième révolution est maintenant possible, car les nations voisines ont déjà bien progressé sur leur chemin évolutif, et la jonction va bientôt pouvoir se faire pour que tous puissent profiter des exploits réalisés par chacun dans le domaine qui lui est propre. Dans cette perspective le vote quantique n’est qu’un élément au sein de la constitution citoyenne, qui n’est qu’un ensemble d’idées-outils à l’usage de la souveraineté populaire.

Maintenant qu’il est introduit, de quoi s’agit-il ? Pour le comprendre rien n’est plus simple que de s’inspirer du chat de Schrödinger, ce chat quantique inséré dans une boîte. L’opacité de la boîte fait que le seul moyen de savoir si le chat est vivant ou mort, est d’ouvrir la boîte. Même la main qui a placé le chat dans la boîte ne peut pas faire autrement. Alors résumons, le chat ne peut être que dans deux états possibles — vivant ou mort — et nous allons découvrir cet état lorsque nous allons ouvrir la boîte. Alors maintenant on pourrait imaginer plus d’états, chat malade, chat dansant, chapeau d’paille, avec des probabilités très différentes.

Quel rapport avec le vote ? On y arrive. Maintenant imaginez non pas un chat dans tous ses états, mais un bulletin de vote pouvant désigner tel ou tel candidat. Il est prisonnier non pas dans une boîte, mais dans une enveloppe. Et cette enveloppe est dans une urne. Vous commencez à comprendre ? Ne vous inquiétez pas, cela va bientôt être plus clair. La main qui a mis le bulletin dans l’enveloppe, c’est la vôtre. Il s’agit peut-être d’ailleurs d’un bulletin blanc, ou même d’un bulletin nul : par exemple le bulletin d’un parti mais dont vous auriez préféré un autre candidat. Vous avez donc barré le nom du candidat et écrit un autre nom dessus.

Mais de la même manière que la main qui a mis le chat dans la boîte ne sait pas dans quel état il va ressortir, vous, vous avez mis un bulletin dans l’enveloppe, mais vous ne savez pas lequel. Sauf évidemment si pour vous il n’y avait qu’un seul vote possible, auquel cas il vous était totalement inutile de lire ce long texte, je suis désolé pour vous. Pour vous consoler dans cette éventualité, je peux préciser que le vote quantique est favorable aux petits partis, car il permet aux votants de donner une partie de leur suffrage à des candidats qu’ils ne connaissent pas suffisamment pour les soutenir à 100%. Bon maintenant si vous soutenez exclusivement un parti actuellement au pouvoir, vous êtes un ennemi de la France, et je suis bien content de vous avoir fait perdre votre temps. Dans ce cas je vous souhaite d’ailleurs à vous et à vos semblables une horrible mort politique dans d’atroces souffrances médiatiques.

On est presque arrivé. Imaginons que vous hésitez entre trois candidats. Vous voudriez donner 50% à l’un, et 25 % aux deux autres. Auquel quel cas vous prenez deux bulletins de votre candidat préféré (un pris dans le bureau de vote et un autre que vous avez conservé du courrier électoral reçu à domicile). Et un bulletin de chacun des deux autres. Vous fermez les yeux, mélangez les quatre bulletins, en jetez trois à la poubelle à cet effet, glissez le restant dans l’enveloppe. Fermez. C’est bon, vous pouvez ouvrir les yeux. Certains pratiquants réalisent l’opération les yeux ouverts, comme Michel Drac lors des dernières élections. Mais on parle alors de vote aléatoire, pas de vote quantique. Le vote aléatoire est surtout utile lorsque les deux votes sont équiprobables. Mais dans l’exemple plus haut il vaut mieux se dire que l’on a voté 50-25-25 que de savoir, une fois sur deux, que l’on a mis un bulletin qui ne nous satisfait qu’au quart.

Pourquoi le vote quantique est-il si puissant ? Parce que c’est la réponse populaire au fait que les médias de masse peuvent promouvoir à coup de matraquage publicitaire le premier choix chez beaucoup d’électeurs. D’un point de vue individuel, nous pouvons affirmer notre personnalité politique d’une manière beaucoup plus nuancée qu’avec le vote exclusif. D’un point de vue collectif, cela nous permet de tirer parti de notre force, la force du nombre, pour une manifester une volonté générale ne perdant rien de notre identité politique à chacun.

L’Esprit de la France vous a laissé tomber bien bas du fait d’un vulgaire couillonavirus, pour que vous preniez conscience de l’importance de bien choisir ses représentants politiques. Alors, peuple français, as-tu bien compris la leçon ? Voudras-tu bien élever le niveau de ton jeu ? Cela fait longtemps que nous ne t’avons pas vu quoi tu étais capable. Nous oublions vite. Nous sommes vieux.

Les élections se présentent très mal

Quelles élections ? Les présidentielles ? Vous n’avez pas besoin de moi pour savoir qu’elles vont mal se passer. Non, je parle des régionales, et plus précisément des départementales. D’autant plus que les régionales ne sont pas des élections au sens de la déclaration universelles de droits l’homme. En effet c’est un scrutin de liste, donc le vote est lié. C’est-à-dire que vous n’êtes pas libre de voter pour qui vous voulez sans être obligé de voter aussi pour ses colistiers, que vous ne connaissez ni d’Ève ni d’Adam.

D’ailleurs stricto-sensu les départementales ne sont pas des élections non plus, puisque si la circonscription a à peine une taille humaine, un canton de plusieurs dizaines de milliers d’habitants, taillé dans la France au gré des arrangements électoraux entre gros partis ayant gagné lors de scrutins précédents, on a encore droit au binôme obligatoire homme femme. Donc on ne peut pas choisir l’un sans choisir l’autre. Sa parler des suppléants.

Mais la caractéristique la plus saillante de ce scrutin stupide, c’est qu’on ne sait pas exactement quand il aura lieu. La date provisoire est le 13 juin 2021 pour le premier tour, et 20 juin pour le second. Sauf que l’exécutif pourra décider de reporter le scrutin, par exemple si les sondages ne lui sont pas suffisamment favorables quelques jours avant. Il pourra faire ça car nous sommes en état d’urgence donc il peut faire un max de choses sans l’aval du Parlement.

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Cependant on peut présager qu’en dépit des apparences le parti de l’exécutif pourra faire un bon score. En effet en dépit de l’exaspération actuelle d’une partie non négligeable des Français il faut voir que début juin le pays reprendra peut-être une voie normale. Les restaurants et bars seront ouverts. Les salles de sport aussi. Pour la muselière ce n’est pas clair mais nous pouvons être optimistes. Et ayant l’impression de reprendre une vie normale, les Français vont sans doute être gentil avec ces geôliers qui leur ouvrent enfin la porte. C’est un piège atroce, mais il risque de fonctionner.

D’autant plus qu’il n’y aura pas vraiment de campagne réelle, puisque les contacts physiques entre candidats et votants pourront à peine avoir lieu. Il est très dangereux, vous le savez bien, de se serrer la main. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Donc les réunions publiques, les diffes de tracts sur les marchés, tout cela risque d’être très compliqué. Il restera donc pour s’informer les médias de masse qui sont très très gentils avec le gouvernement ainsi que les réseaux sociaux étasuniens qui ne sont pas bien méchants non plus.

D’autant plus que si les médias ou les votants sont méchants avec le gouvernement eh bien le gouvernement qui dispose d’une majorité à l’Assemblée pourra décider que cette pandémie est décidément bien coriace et qu’il va falloir encore prolonger l’état d’urgence ad vitam æternam. Elle est pas belle la vie avec papa Macron et papa Castex ?

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Alors bon on dit d’eux mais en face c’est pas mieux. Avez-vous compris pourquoi les partis d’opposition ne sont pas plus véhéments à l’encontre de l’exécutif ? D’une part parce qu’ils sont tenus par où nous savons, mais aussi parce qu’il est dans l’intérêt des grosses écuries électorales d’avancer dans le sens du vent médiatique. C’est plus efficace. Et jusqu’à présent le Président Macron tient bien les médias de masse. Ou si l’on retourne la perspective comme le fait Chouard, les milliardaires multinationaux qui possèdent les médias de masse tiennent bien le Macron qu’ils ont fait élire.

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Bon, alors, concrètement, que pouvons nous faire ? Concrètement nous pouvons faire comme la loi nous y autorise, demander à notre préfecture les listes électorales de notre canton. Muni de cette liste nous pouvons avoir une action décisive avant, pendant et après les élections.

Avant les élections nous pouvons trouver de bons candidats. Je vous explique comment. Vous prenez un échantillon de la liste électorale, et vous allez demander aux gens par qui ils voudraient être représentés au Conseil départemental. C’est une sorte de primaire libre, sans candidat. Elle permet une sorte de cooptation par le bas. Si plusieurs personnes de votre échantillon proposent la même personne, alors elle il ne faudra pas la lâcher. Il faudra l’encourager à être candidat, si possible l’aider à obtenir l’investiture dans le parti de son choix, même si ce dernier ne vous plaît pas trop. Ou alors il y a la possibilité d’une candidature citoyenne, mais c’est plus compliqué.

Pendant les élections, disposer des listes électorales de votre canton vous permet d’effectuer des sondages citoyens, et ne plus dépendre des sondages commerciaux dispensés par les médias de masse et la presse régionale.

Après les élections il y a parfois des contestations. Or si vous avez les listes électorales de votre circonscription vous pouvez effectuer des sondages après coup (si vous êtes suffisamment nombreux) pour déterminer dans quel bureau de vote il pourra être pertinent de faire recompter les voix.

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Français, vos morts ont honte de vous. Certains se sont battus pour votre liberté, dans des guerres où ils n’ont pas toujours été très glorieux. Mais dans des conditions mille fois plus compliquées que les vôtres, ils n’ont pas pas perdu courage ils se sont dits que si Dieu le veut leurs descendants sauront à leur tour écrire de belles pages de l’histoire de France.

À l’heure actuelle nous avons une Constitution particulièrement efficace. Nous avons vu avec quelle force elle permet d’exécuter les politiques, fussent-elles complètement ineptes et contre-productives.

Il ne reste donc plus qu’au peuple qu’à apprendre à voter pour améliorer les politiques. Mais cela ne pourra se faire sans l’aide de citoyens actifs et un minimum conscients des enjeux.

Ce qu’il reste à faire

La censure fait rage en ce moment sur les réseaux sociaux, je vais donc me faire un plaisir d’exprimer ce que je pense dans ces précieuses colonnes.

Donc, d’après moi, la situation n’est pas fameuse, mais globalement, elle est excellente. Si on accepte de regarder sur le long terme.

Et déjà à moyen terme ne nous trompons pas de problème. Le problème, c’est que la génération du baby-boom est âgée, donc la mortalité va augmenter dans les 20 ans qui viennent, c’est mathématique.

Du coup on ne peut même pas parler de problème. C’est la nature, tout simplement. Donc évidemment cela fout en rogne les petits politiciens et autres apprentis sorciers de la science. Car ils sont très mécontents que des lois — fussent-elles naturelles — soient plus fortes que leurs lois à eux.

Mais cela ne nous regarde pas. Nous le peuple, nous devons résoudre culturellement le problème. Faire en sorte que ces départs massifs ne blessent pas la cohésion sociale. Déjà on pourrait parler des héritages, mais cela concerne la cohésion familiale, qui n’est pas dans le thème ce cet article.

Je voudrais plutôt parler de cohésion nationale, car déjà ce que ceux qui vont partir doivent comprendre, c’est que des dizaines de millions de Français sont partis avant eux, et des dizaines de millions partiront après. Pas la peine de s’apitoyer sur son propre sort. Nous faisons partie d’une grande chaîne, d’un élan spirituel qui dans le monde a travaillé inlassablement à la construction d’un État-nation pérenne.

Nous sommes le plus grand peuple politique de tous les temps.

Bien sûr, d’autres peuples, d’autres pays, ont travaillé sur des concepts connexes qui ne nous font pas toujours plaisir. Je ne parle pas forcément de l’approche anglo-saxonne, selon laquelle il ne peut y avoir de taxation sans représentation. Mais plus précisément de cet élan du peuple hollandais, peuple citoyen selon lequel les cordons de la bourse doivent être contrôlés par des individus, et surtout pas par des collectifs. Car s’il y a une puissance publique, il n’y a de responsabilité qu’individuelle. Donc le contrôle de la monnaie ne peut être que privé.

La preuve éclatante de ce que je dis est tout simplement la défaite des soviétiques lors de la guerre froide. Car il s’est agit avant tout d’un effondrement économique d’un collectif qui pensait qu’il pourrait arbitrairement décider des toutes les quantités à produire et à consommer. Et le délire a continué de nombreuses décennies, car par nature, le collectif est irresponsable. Donc il aura suffit d’une petite perturbation, pour que le réel prenne le pas sur l’illusion collective.

Maintenant me direz-vous, ce sont plutôt les pays occidentaux qui sont dans un beau délire, et la perturbation du couillonavirus a bon dos. Mais ce n’est qu’une perturbation, comme il y en a tant d’autres sans que nous y prêtions attention.

La voie globale de la France est toute tracée, et nous devons simplement parachever l’œuvre de ceux qui sont partis plus tôt, de nos ancêtres. Maintenant que nous avons une constitution solide, garante d’une certaine stabilité et d’une certaine efficacité dans la transmission du pouvoir, il ne nous reste plus qu’à résoudre le problème qui empoisonne tous les pays, fort nombreux, qui se sont inspirés de nous. La corruption des élus.

Pour ce faire, il vaut mieux prévenir que guérir.

La prévention de la corruption qu’est-ce que c’est ?

Déjà, cela se base sur la compréhension du phénomène.

Il y a trois temps dans la corruption d’un élu. Il y a avant l’élection, il y a pendant l’élection, et il y a après l’élection. Avant l’élection le candidat qui va gagner est coopté, et il est repéré par des forces corruptrices.

Pendant l’élection ces forces vont se mettre au service du candidat pour assurer sa notoriété via les médias qu’elles contrôlent, et pour dénigrer les éventuels concurrents sérieux. Ça y est, l’heureux élu sait à qui il doit sa victoire.

Et après tout est beaucoup plus simple.

Donc, ce que le peuple doit faire, c’est mettre des entraves à ce scénario. En un mot il faut qu’il apprenne à voter. Donc déjà, faire en sorte que les candidats citoyens se présentent, du fait de la volonté d’électeurs lambda, et non pas de celle de multi-millionnaires.

Pour ce faire des citoyens peuvent tirer au sort des électeurs sur les listes électorales de la circonscription, et leur demander, sans leur soumettre de liste pré-établie, qui de leur entourage pourrait les représenter au Conseil départemental, ou à l’Assemblée nationale.

À vous d’écrire la suite.

Démocratie Réelle 2.0

Rappelons ce qu’avait été la Démocratie Réelle 1.0. À l’occasion des élections européennes de 2014 en France une bande de jeunes avait constitué 7 listes de candidats tirés au sort parmi les volontaires. Une première !

Lors des départementales qui suivirent, une liste DR fit même 7% dans le Lot.

En 2021 le temps est venu d’aller plus loin, avec un concept plus élaboré.

L’idée est de tirer au sort non pas des candidats, mais des électeurs sur les listes électorales. Ensuite ces électeurs vont désigner les candidats qu’ils aimeraient bien voir se présenter. Enfin nous suivrons le parcours de ces candidats d’un nouveau genre, lors des élections départementales.

Ce que nous dit l’affaire Griveau

Il s’agit bien entendu d’un titre mensonger, comme tout dans cette affaire. L’affaire ne dit rien en elle-même, elle est la simple expression de ce qui se passe à l’heure actuelle. Le plus important pour nous simples citoyens est d’en connaître les bonnes et les mauvaises conséquences pour notre quotidien.

Et puisque que vous êtes ici sur un blog assez critique sur le concept d’élection de masse, nous allons taper, sans surprise, sur le concept d’élection de masse.

Les faits

Alors, le rappel des faits. Un candidat à la Mairie de Paris se présentait comme un modèle de vertu familiale. Or, ont été publiées des vidéo compromettantes insinuant qu’il trompait sa femme. Bon, la première chose qui vient à l’esprit, c’est que cela rappelle une autre affaire, celle d’un candidat à la présidentielle, qui se présentait comme un modèle de vertu républicaine. Ou, pour être plus précis, qui n’hésitait pas à faire des remarques désobligeantes sur les possibles mises en examen d’autrui.

Donc, ce type d’affaire n’est pas nouveau ; et il risque de se multiplier.

Les avantages

Regardons-en d’abord les avantages. Le premier d’entre eux, c’est que cela fragilise La République En Marche, très vilain parti présidentiel hostile à la souveraineté de la France ; du coup hostile à la France tout court. Pour le comprendre il faut remettre ces élections municipales dans le cadre plus large des institutions françaises, qui normalement auraient du nous protéger des débordements du mondialisme ambiant.

Donc oui, il faut rappeler que les conseillers municipaux élisent les sénateurs, et que les sénateurs sont notre dernière toute petite chance d’échapper au CETA. Et que une fois le CETA passé ce sont les TAFTA, JEFTA et autres qui vont précipiter la fin de la souveraineté française à coup de lois payantes. En effet, le CETA — traité dit de libre échange entre le Canada et l’Union Européenne — prévoit que même si des consommateurs français trouvent qu’un produit en provenance du Canada est dangereux et qu’il vaudrait mieux l’interdire à la vente en France, et que lesdits consommateurs arrivent à convaincre les députés ou le gouvernement qu’il faut réglementer dans ce sens, eh ben non.

Le ver est dans le fruit

Eh ben non, parce que la France aura certes le droit d’interdire l’importation de produits qu’elle estimera dangereux, mais elle s’exposera alors à des sanctions financières pour réparer le préjudice subit par l’industriel canadien du fait du manque à gagner. Et c’est le contribuable français qui payera, bien entendu, c’est pourquoi l’on parle de concept de lois payantes. Alors évidemment dans le texte du CETA cela s’appelle « mécanisme de protection des investissements », mais ça c’est la langue des financiers multinationaux. Nous dans la langue des peuples et des citoyens cela s’appelle lois payantes.

Et ce n’est pas tout, ou plutôt ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Oui, cher lecteur, ne résistez pas à l’appel de la forêt. C’est un peu effrayant, certes, mais cela vaut le détour.

Le gentil mondialisme

En effet, il faut rappeler un peu ce qu’est la mondialisation néo-libérale. Et le carcan des règles de l’OMC. Qui n’ont rien de libérales d’ailleurs, il s’agit tout simplement d’outils de prédation. Le mécanisme le plus vicieux de l’affaire étant sans doute celui qui restreint la liberté des zones commerciales lorsqu’elles contractent entre elles. En effet si une zone A et une zone B établissent entre elles un traité de libre échange T, eh bien ces deux zones ne pourront plus refuser aux zones C, D, E, F, etc. une clause contenue dans T.

Ce qui veut dire que si la France dit oui au Canada, elle ne pourra plus dire non au Japon, aux État-Unis d’Amérique, au Vietnam, aux pays d’Amérique du Sud, et j’en passe.

Bref, rapidement, la France devra payer même les produits qu’elle ne veut pas acheter, c’est ce qu’on appelle de la vente forcée. Et Emmanuel Macron (tiens, même initiales que En Marche et Élections de Masse) était le seul candidat à l’Élection présidentielle ouvertement favorable au CETA. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que chaque voix pour LREM sera un voix contre la France.

Alors, dans ces conditions, on pourrait se dire « Chouette ! », l’affaire Griveau fragilise quelque peu LREM pour les sénatoriales.

Le problème, c’est qu’un danger encore plus grand nous guette. Oui, il y a pire que la perte de cette liberté collective que l’on appelle la souveraineté. Il y a la perte de libertés individuelles.

Les libertés individuelles

Et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux n’est pas la plus petite d’entre elles. En effet il faut bien voir la très grande différence entre l’affaire Fillon et l’affaire Griveau. Dans le premier cas, elle arrange le grand capital. Dans le second ce n’est pas le cas.

Oui ce qu’il faut voir c’est que dans le premier cas le grand capital était tout content que les citoyens relayent abondamment les nouvelles de Télé-Drahi sur les réseaux sociaux, car il préférait un banquier comme Pompidou à un catholique comme Fillon. Mais là c’est très différent car ce n’est pas dans l’intérêt des puissants que LREM perde de l’influence.

On voit donc sur les médias de masse les journalistes bien dressés prendre fait et cause pour le malheureux Griveau, victime d’une intolérable atteinte à sa vie privée. Mais plus grave on voit des députés serviles demander des comptes à Twitter pour avoir relayé des messages défavorables à leur parti. Une députée pense même tout haut qu’il faudrait interdire la plateforme en question. Oui, il vaut mieux punir que guérir.

Les nouveaux moyens d’expression individuelle

D’ailleurs si elle est la seule concernée pour l’instant, c’est que les autres, Google, Youtube et Facebook ont déjà des accords pour limiter la diffusion de pensées dissidentes et d’informations compromettantes. Que reçoivent-elles en échange ? Rien, bien entendu, sinon des oreilles particulièrement attentives et bienveillantes dès qu’il s’agira de solliciter quelque indulgence fiscale auprès de Bercy.

Et donc on voit déjà les algorithmes de Facebook augmenter la visibilité relative de contenus sans saveur, sans danger pour le système en place. On le voit d’ailleurs aussi fermer des comptes, comme ça, parce que leurs titulaires ne pensent pas toujours comme il faut. Il en est de même pour Youtube qui s’amuse à fermer des comptes et à référencer le moins possibles les vidéos qui ne font pas plaisir à Macron.

Les gentils n’ont rien à craindre

Alors vous pouvez vous dire que vous ne risquez rien. Que si vous n’avez que des opinions gentilles et pas des opinions méchantes vous pourrez continuer à vous exprimer librement sur les réseaux sociaux. Sauf que, ce genre de chose, on sait très bien où ça commence mais personne ne sait où ça finit.

Le mieux avant de s’enfoncer dans de regrettables pensées est de revenir aux fondamentaux et d’étudier la racine du problème. Et le problème ce n’est pas le grand capital, car le grand capital c’est une force en présence.

L’élection de masse

Non, le problème c’est que les candidats aux élections de masse sont exposés. Ils sont exposés, donc ils sont en position de faiblesse. Ils sont en position de faiblesse donc ils ont besoin du grand capital pour exister.

Alors que celui qui devrait être exposé, c’est le votant ! En effet, tant que le votant n’est pas exposé il est par nature irresponsable. Et tant que le votant est irresponsable devant le citoyen, l’élu n’a aucune raison d’être responsable devant le votant. Non, l’élu est uniquement responsable devant le capital dont les médias de diffusion de masse ont été utiles pour son élection. Ils l’ont présenté sous un meilleur profil que ses concurrents.

Du coup l’élu a une dette envers le capital, et qui paye ses dettes s’enrichit.

Le débat

Alors vous allez me dire que je raconte n’importe quoi, et que l’élu est évidemment responsable devant ses électeurs, puisque si ces derniers sont mécontents ils ne le rééliront pas. Ce que je vous réponds c’est que c’est vous qui n’êtes pas sérieux si vous avez des pensées pareilles.

On pouvait penser de la sorte il y a quelques siècles lorsque le peuple n’avait d’expérience significative de l’élection de masse. Ce que je dis, c’est que si il en était ainsi les élus seraient presque toujours meilleurs que ceux de la génération précédente. En effet, les électeurs auraient tout loisir d’éprouver les faiblesses des uns pour ensuite en choisir d’ autres plus à même de servir l’intérêt général.

La pensée magique n’est pas toujours là où on le croit

Non mais là vous êtes en pleine pensée magique, où d’élection de masse en élection de masse, la masse sélectionne de proche en proche l’élu parfait correspondant au profil optimal du candidat qui tiendra ses promesses.

Le problème de cette approche, c’est qu’on ne parle pas de votants, mais de bulots. Sinon, comment expliquer cette évolution qui va du Général de Gaulle, se poursuit par Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, et maintenant Macron ???

D’un point de vue scientifique il ne faut pas oublier que les expériences comportementales ont bien mis en évidence ce qui régissait les processus de décision : ce n’est pas le raisonnement, mais l’habitude. C’est pour cela qu’elles sont si dures à changer.

Le raisonnement a moins d’influence qu’on le dit

Le raisonnement, lui, pourra se baser sur des valeurs personnelles, mais il ne sert qu’à justifier le vote. Il nous sert à avoir bonne conscience, peu importe la crapule — que nous ne connaissons pas — pour laquelle nous avons voté. Puisque nous avons notre raison pour justifier notre choix à coup de pensées subtiles, édifiantes, lumineuses auprès de notre entourage et surtout devant nous-même.

Or, statistiquement, d’où vient l’habitude dans le cadre des élections de masse ? De la télévision, de la radio et autres canaux de diffusion de masse qui impriment les noms des candidats plus ou moins durablement dans votre cerveau qui, je vous l’accorde, avait sans doute d’autres chats à fouetter.

Mais il ressort de cette démonstration que tant que l’élection de masse existera, le capital dominera, les deux sont indissociables.

Critique culturelle du RIC

Bonjour, ceci est mon dernier article en critique du RIC. Et il va être question aujourd’hui des raisons qui font que même si 80% des gens se disent favorables à son instauration, concrètement lorsqu’il s’agit de voter pour des représentants qui peuvent réellement changer les choses, eh bien le RIC passe à la trappe.

Bon, combien de gros partis politiques ont-ils réellement mis le RIC dans leur programme, c’est une question pas évidente à laquelle seul un spécialiste tel Yvan Bachaud pourrait répondre. D’autant plus que les gros partis, même s’ils mettent le RIC dans leur programme, ils l’oublient dès qu’ils arrivent à l’Assemblée Nationale. Une autre solution est de faire des propositions dans ce sens à l’Assemblée, en sachant très bien qu’elles seront refusées, mais cela donne bonne conscience et manipule l’électorat.

Mais oublions un peu les gros partis et intéressons-nous à l’individu. Bon, déjà c’est clair que l’individu est soumis au bombardement incessant des armes d’abrutissement massif que sont la télévision et la radio subventionnées. Et ce bombardement n’est pas en faveur du RIC, c’est vrai.

Mais après tout même si la télé disait que le RIC c’est bien, l’individu en serait-il convaincu ? Je pense que non. Déjà, le fait que les médias de masse et la classe politique soient sur une ligne ne signifie pas forcément que le peuple soit sur la même, on l’a vu en 2005.

Mais surtout, qu’est-ce qui fait que l’individu a des doutes sur le RIC ? D’un côté la logique lui dit qu’il faut instaurer un contre-pouvoir à l’arbitraire présidentiel, et que le RIC pourrait être bien pour ça. Mais d’un autre côté, déjà, la même logique lui dit que ça ne sert à rien d’élire un Président si c’est pour lui mettre des bâtons dans les roues après.

La constitution doit rester claire. Elle peut sembler injuste parfois, arbitraire certainement, mais elle doit rester claire. Car le manque de clarté laisse trop de place aux intrigues de pouvoir et étouffe le développement du pays. La France en sait quelque chose, car la loi salique — loi très claire s’il en est — a joué un rôle important dans l’histoire lointaine du pays.

Et là soyons très clairs : ce n’est pas la loi salique en elle-même qui a aidé le jeune royaume à se développer. C’est le fait que, EN COMPARAISON AVEC LES ROYAUMES VOISINS, ce système de désignation du chef laissait peu de place aux intrigues de pouvoir et obligeait donc les élites à développer le pays si elles voulaient se développer elles-même.

Et là, que fait le RIC ? Il étouffe le pouvoir présidentiel. Donc les groupes d’influence vont s’en donner à cœur joie de passer par la case la plus haute pour défendre leurs intérêts, plutôt que de développer le pays.

Vous trouvez que j’exagère lorsque je dis que le RIC étouffe le pouvoir présidentiel ? Eh bien considérez que c’est peut-être exagéré mais dans l’âme du peuple c’est plutôt comme ça. S’il y a deux pouvoirs, l’esprit de contradiction français veut savoir lequel des deux est le plus fort.

Ce n’est pas le cas en Suisse. Car en Suisse, si deux pouvoirs sont en présence, ça ne sert peut-être à rien de les confronter : ils ne parlent peut-être pas la même langue.

*

On pourrait s’arrêter là, mais ce serait faire l’impasse sur les Lumières françaises, et l’esprit de modération d’un Montesquieu, qui tout modéré qu’il est pourrait élever quelque protestation quant-au manque de considération de son idée dans mon exposé.

Il faut tout de même un contre-pouvoir face à l’arbitraire.

Mais sur qui s’exerce le pouvoir ? Sur le peuple. Donc le peuple doit avoir des représentants pour s’opposer à l’arbitraire du pouvoir, qu’il soit monarchique ou présidentiel. Malheureusement dans les deux cas il est absolu en France.

Pourquoi est-il devenu absolu ? Parce que le peuple français n’a pas réussi à trouver un équilibre stable entre pouvoir exécutif et législatif. Il a trouvé récemment une solution, un compromis, qui semblait le satisfaire, ou pour être plus précis qui le satisfait après coup : la cohabitation.

Et qu’on ne me parle pas du Sénat, qui va peut-être se refaire une virginité politique au détour de l’affaire Benalla, mais on reste dans l’apparence. D’autre part, les sénateurs représentent les collectivités locales. Et les collectivités locales, c’est pas les français. Ce sont des collectivités qui ont leurs besoins et leurs contraintes propres. Et surtout, la relation de représentation n’est pas transitive. Si Pierre représente Jacques, et Jacques représente Paul, on ne peut pas forcément dire que Pierre représente Paul.

Enfin, à l’origine de la Vème, c’est le Sénat qui désignait le Président de la République, mais le peuple a voulu qu’il en soit autrement par référendum.

Or, du fait de l’inversion du calendrier rendue possible encore par référendum, et par l’action perfide de Jacques Chirac il est clair que l’Assemblée Nationale va rester dans la main du Président.

La seule solution, je le répète sans cesse, est de simplifier drastiquement l’élection des députés. Les faire élire par 577 grands électeurs tirés au sort sur les listes électorales. Ainsi les députés seront plus proches de leurs électeurs car ils leur doivent tout.

Critique du RIC

Par où commencer ? Peut-être par le début, c’est-à-dire définir le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) : Donc deux choses, référendum, et la question est écrite par des gens non élus. Étant entendu que le référendum est organisé par l’État.

Avant de parler du fond, on va peut-être parler de la forme. Parce que c’est justement un problème. Quelle forme ? Les partisans du RIC ne sont pas d’accord entre eux. Les partisans dirons-nous « canal historique » d’Yvan Bachaud veulent que la constitution soit modifiée pour définir un seuil de signatures citoyennes sur une proposition, permettant le déclenchement d’une procédure référendaire organisée par les pouvoirs publics.

On leur reproche de ne pas suffisamment prendre en compte l’action des médias de masse, qui risque de fausser le résultat des référenda, et même en amont qui risque de filtrer les propositions pour ne garder que celles qui sont sans danger pour le pouvoir en place. Donc, la nouvelle génération — Étienne Chouard, Gilets jaunes — travaille sur un RIC « amélioré », empêchant que la volonté populaire ne soit mal interprétée, du fait des distorsions médiatiques.

Le problème, c’est que là, ça devient complètement contradictoire. Pour protéger le RIC contre les manipulations, notamment médiatiques, on va sévèrement modifier la constitution, à coup d’institutionnalisation du quatrième pouvoir, le médiatique, de chambre citoyenne tirée au sort pour filtrer les propositions, et parfois même de collège d’experts censés éclairer le débat, dont j’aimerais bien que l’on m’explique comment on va garantir leur impartialité.

Et là, on ne peut que constater la mauvaise foi d’Étienne Chouard, qui considérait comme rédhibitoire la complexité du Traité Constitutionnel Européen en 2005, mais qui ne voit d’objection majeure à compliquer significativement la constitution française. C’est le deux poids deux mesures, d’autant plus absurde qu’ainsi ce RIC trop compliqué ne pourra pas être un outil politique à l’usage du peuple, qui a besoin de choses simples.

Bref, il y a de nombreuses façons d’envisager le RIC, et c’est pas tout de dire que 80% des gens y sont favorables, oui, mais quel RIC ? C’est comme dire qu’il y a sans doute au moins 90% des gens qui sont favorables à la paix dans le monde ou plus simplement à l’éradication de la pauvreté en France. Oui, mais on fait comment ? Quelles seront les modalités ? Va-t-on se mettre d’accord là dessus ?

Et il y a autre chose que les partisans des RICs oublient un peu vite, c’est le passage par la case Macron. Car imaginons un consensus (on se demande comment) sur des modalités précises du RIC, le maître de l’illusion n’aura aucun mal à faire sont travail si c’est nécessaire, et vous faire croire que vous avez gagné alors qu’en fait vous avez perdu. Là c’est un problème de posture, qui est lié au manque d’expérience politique de nombreux partisans de RIC, ils demandent, ils disent qu’il exigent un changement de contrat avec un banquier. Et ils s’imaginent les petits lapins que le banquier ne va rien obtenir en échange.

Alors on va me sortir l’exemple de la Suisse. En Suisse il y a des banquiers, et il y a le RIC. Oui, mais en Suisse il y a une culture qui veut ça. Je dirais même qu’il y a des cultures, puisqu’il y a plusieurs langues officielles, donc ça ne pose pas de problème de combiner plusieurs types de légitimité, la représentative et la directe. Parce que, entendons-nous bien, en France il y a la culture de la contradiction, donc deux légitimités différentes vont forcément entrer en conflit pour savoir qui est la plus forte. Macron l’a récemment exprimé devant un parterre de maires, et je suis tout-à-fait d’accord avec lui sur ce point.

Alors qu’en Suisse par exemple – pays militairement neutre, rappelons-le aussi – ça n’a pas de sens de dire qui est le plus grand auteur de littérature, car on ne peut pas comparer un auteur germanophone avec un auteur francophone, de langue italienne ou romanche. Les talents sont là, mais ça ne sert à rien de les comparer, ils sont là, c’est tout. Pareil pour les légitimités politiques, représentative et directe, elles sont là, c’est tout, pas dans la même langue politique mais elles sont là. On a pas à en marchander une avec un banquier.

Le fond maintenant. Ben le problème c’est que les français sont peureux. C’est une belle bande de poules mouillées. Elles sont dans l’assurance, elles ont peur de tout, donc elles veulent être assurées contre tout. J’en veux pour preuve un haut personnage de l’État, le président de l’Assemblée Nationale, qui est dans l’assurance, bien que l’on lui prête des manières de petit escroc de l’immobilier. Et c’est bien le problème français, si vous voulez une assurance, faut la payer. Si vous voulez un RIC inviolable, vous allez prendre cher.

*

C’est pourquoi, pour ne pas sombrer dans le pessimisme, je vais vous présenter le seul RIC qui trouve grâce à mes yeux, j’ai nommé le RIC simplifié. En fait il est tellement simple qu’il n’existe pas, ou si on regarde d’une autre manière il existe déjà, il suffit de le révéler, faire la petite modification qu’il faut dans la pierre angulaire du système de domination française pour qu’il exprime son plein potentiel. Et surtout on ne passe pas par la case Macron, ou alors en mode fait accompli, le travail ayant déjà été effectué avant.

Alors, de quoi s’agit-il ? Il s’agit de simplifier et de sécuriser l’élection des députés, pour que ces derniers soient plus enclins à relayer les initiatives citoyennes via la procédure existante dans la constitution de référendum d’initiative parlementaire. Comment fait-on cela ? C’est très simple, on institue – sans l’instituer formellement – un canal de communication privilégié entre les citoyens et les députés au moment de leur élection ; et dès que ce canal est rompu, on sait que le député n’est plus légitime.

Comment réaliser une telle élection ? Il n’y a pas 36 solutions. La seule qui a été étudiée et qui résiste aux critiques jusqu’à présent c’est l’élection des députés par 577 grands électeurs tirés au sort dans le corps électoral. On peut virer les lois encadrant la campagne électorale — il n’y en a plus, et autant moins à payer pour le contribuable —, et les grands électeurs peuvent choisir qui ils veulent dans leur entourage ou ailleurs pour les représenter à l’Assemblée Nationale, à condition que la personne soit d’accord bien entendu.

Bénéfice pour le contribuable, c’est que tout électeur qui ne trouve personne pour le représenter laisse un siège vide à l’Assemblée, un de moins à payer. Bénéfice pour le citoyen, c’est que le grand électeur, à l’issue de l’élection redevient un simple citoyen, et donc il sera plus sensible aux initiatives citoyennes qui lui semblent pertinentes. Or il suffit qu’il dise à la radio que son député ne le représente plus, pour que le représentant perde toute sa légitimité. Donc, pour d’autres raisons, le député a tout intérêt à relayer les initiatives citoyennes.

On finit avec une citation de Paul Valéry : ce qui est simple est faux, mais ce qui ne l’est pas est inapplicable.