Mon canton

La circonscription aux départementales, c’est le canton.

Laissez-moi vous parler de mon canton. J’y habite depuis 2018. À l’époque, je trouvais que c’était un bon endroit pour s’installer.

Mon canton est grand : il regroupe 16 communes des Yvelines : 70 000 habitants environs !

C’est le canton de Maurepas, dans les Yvelines.

Canton de Maurepas

Démocratie Réelle 2.0

Rappelons ce qu’avait été la Démocratie Réelle 1.0. À l’occasion des élections européennes de 2014 en France une bande de jeunes avait constitué 7 listes de candidats tirés au sort parmi les volontaires. Une première !

Lors des départementales qui suivirent, une liste DR fit même 7% dans le Lot.

En 2021 le temps est venu d’aller plus loin, avec un concept plus élaboré.

L’idée est de tirer au sort non pas des candidats, mais des électeurs sur les listes électorales. Ensuite ces électeurs vont désigner les candidats qu’ils aimeraient bien voir se présenter. Enfin nous suivrons le parcours de ces candidats d’un nouveau genre, lors des élections départementales.

Ce que nous dit l’affaire Griveau

Il s’agit bien entendu d’un titre mensonger, comme tout dans cette affaire. L’affaire ne dit rien en elle-même, elle est la simple expression de ce qui se passe à l’heure actuelle. Le plus important pour nous simples citoyens est d’en connaître les bonnes et les mauvaises conséquences pour notre quotidien.

Et puisque que vous êtes ici sur un blog assez critique sur le concept d’élection de masse, nous allons taper, sans surprise, sur le concept d’élection de masse.

Les faits

Alors, le rappel des faits. Un candidat à la Mairie de Paris se présentait comme un modèle de vertu familiale. Or, ont été publiées des vidéo compromettantes insinuant qu’il trompait sa femme. Bon, la première chose qui vient à l’esprit, c’est que cela rappelle une autre affaire, celle d’un candidat à la présidentielle, qui se présentait comme un modèle de vertu républicaine. Ou, pour être plus précis, qui n’hésitait pas à faire des remarques désobligeantes sur les possibles mises en examen d’autrui.

Donc, ce type d’affaire n’est pas nouveau ; et il risque de se multiplier.

Les avantages

Regardons-en d’abord les avantages. Le premier d’entre eux, c’est que cela fragilise La République En Marche, très vilain parti présidentiel hostile à la souveraineté de la France ; du coup hostile à la France tout court. Pour le comprendre il faut remettre ces élections municipales dans le cadre plus large des institutions françaises, qui normalement auraient du nous protéger des débordements du mondialisme ambiant.

Donc oui, il faut rappeler que les conseillers municipaux élisent les sénateurs, et que les sénateurs sont notre dernière toute petite chance d’échapper au CETA. Et que une fois le CETA passé ce sont les TAFTA, JEFTA et autres qui vont précipiter la fin de la souveraineté française à coup de lois payantes. En effet, le CETA — traité dit de libre échange entre le Canada et l’Union Européenne — prévoit que même si des consommateurs français trouvent qu’un produit en provenance du Canada est dangereux et qu’il vaudrait mieux l’interdire à la vente en France, et que lesdits consommateurs arrivent à convaincre les députés ou le gouvernement qu’il faut réglementer dans ce sens, eh ben non.

Le ver est dans le fruit

Eh ben non, parce que la France aura certes le droit d’interdire l’importation de produits qu’elle estimera dangereux, mais elle s’exposera alors à des sanctions financières pour réparer le préjudice subit par l’industriel canadien du fait du manque à gagner. Et c’est le contribuable français qui payera, bien entendu, c’est pourquoi l’on parle de concept de lois payantes. Alors évidemment dans le texte du CETA cela s’appelle « mécanisme de protection des investissements », mais ça c’est la langue des financiers multinationaux. Nous dans la langue des peuples et des citoyens cela s’appelle lois payantes.

Et ce n’est pas tout, ou plutôt ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Oui, cher lecteur, ne résistez pas à l’appel de la forêt. C’est un peu effrayant, certes, mais cela vaut le détour.

Le gentil mondialisme

En effet, il faut rappeler un peu ce qu’est la mondialisation néo-libérale. Et le carcan des règles de l’OMC. Qui n’ont rien de libérales d’ailleurs, il s’agit tout simplement d’outils de prédation. Le mécanisme le plus vicieux de l’affaire étant sans doute celui qui restreint la liberté des zones commerciales lorsqu’elles contractent entre elles. En effet si une zone A et une zone B établissent entre elles un traité de libre échange T, eh bien ces deux zones ne pourront plus refuser aux zones C, D, E, F, etc. une clause contenue dans T.

Ce qui veut dire que si la France dit oui au Canada, elle ne pourra plus dire non au Japon, aux État-Unis d’Amérique, au Vietnam, aux pays d’Amérique du Sud, et j’en passe.

Bref, rapidement, la France devra payer même les produits qu’elle ne veut pas acheter, c’est ce qu’on appelle de la vente forcée. Et Emmanuel Macron (tiens, même initiales que En Marche et Élections de Masse) était le seul candidat à l’Élection présidentielle ouvertement favorable au CETA. Si bien qu’il n’est pas exagéré de dire que chaque voix pour LREM sera un voix contre la France.

Alors, dans ces conditions, on pourrait se dire « Chouette ! », l’affaire Griveau fragilise quelque peu LREM pour les sénatoriales.

Le problème, c’est qu’un danger encore plus grand nous guette. Oui, il y a pire que la perte de cette liberté collective que l’on appelle la souveraineté. Il y a la perte de libertés individuelles.

Les libertés individuelles

Et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux n’est pas la plus petite d’entre elles. En effet il faut bien voir la très grande différence entre l’affaire Fillon et l’affaire Griveau. Dans le premier cas, elle arrange le grand capital. Dans le second ce n’est pas le cas.

Oui ce qu’il faut voir c’est que dans le premier cas le grand capital était tout content que les citoyens relayent abondamment les nouvelles de Télé-Drahi sur les réseaux sociaux, car il préférait un banquier comme Pompidou à un catholique comme Fillon. Mais là c’est très différent car ce n’est pas dans l’intérêt des puissants que LREM perde de l’influence.

On voit donc sur les médias de masse les journalistes bien dressés prendre fait et cause pour le malheureux Griveau, victime d’une intolérable atteinte à sa vie privée. Mais plus grave on voit des députés serviles demander des comptes à Twitter pour avoir relayé des messages défavorables à leur parti. Une députée pense même tout haut qu’il faudrait interdire la plateforme en question. Oui, il vaut mieux punir que guérir.

Les nouveaux moyens d’expression individuelle

D’ailleurs si elle est la seule concernée pour l’instant, c’est que les autres, Google, Youtube et Facebook ont déjà des accords pour limiter la diffusion de pensées dissidentes et d’informations compromettantes. Que reçoivent-elles en échange ? Rien, bien entendu, sinon des oreilles particulièrement attentives et bienveillantes dès qu’il s’agira de solliciter quelque indulgence fiscale auprès de Bercy.

Et donc on voit déjà les algorithmes de Facebook augmenter la visibilité relative de contenus sans saveur, sans danger pour le système en place. On le voit d’ailleurs aussi fermer des comptes, comme ça, parce que leurs titulaires ne pensent pas toujours comme il faut. Il en est de même pour Youtube qui s’amuse à fermer des comptes et à référencer le moins possibles les vidéos qui ne font pas plaisir à Macron.

Les gentils n’ont rien à craindre

Alors vous pouvez vous dire que vous ne risquez rien. Que si vous n’avez que des opinions gentilles et pas des opinions méchantes vous pourrez continuer à vous exprimer librement sur les réseaux sociaux. Sauf que, ce genre de chose, on sait très bien où ça commence mais personne ne sait où ça finit.

Le mieux avant de s’enfoncer dans de regrettables pensées est de revenir aux fondamentaux et d’étudier la racine du problème. Et le problème ce n’est pas le grand capital, car le grand capital c’est une force en présence.

L’élection de masse

Non, le problème c’est que les candidats aux élections de masse sont exposés. Ils sont exposés, donc ils sont en position de faiblesse. Ils sont en position de faiblesse donc ils ont besoin du grand capital pour exister.

Alors que celui qui devrait être exposé, c’est le votant ! En effet, tant que le votant n’est pas exposé il est par nature irresponsable. Et tant que le votant est irresponsable devant le citoyen, l’élu n’a aucune raison d’être responsable devant le votant. Non, l’élu est uniquement responsable devant le capital dont les médias de diffusion de masse ont été utiles pour son élection. Ils l’ont présenté sous un meilleur profil que ses concurrents.

Du coup l’élu a une dette envers le capital, et qui paye ses dettes s’enrichit.

Le débat

Alors vous allez me dire que je raconte n’importe quoi, et que l’élu est évidemment responsable devant ses électeurs, puisque si ces derniers sont mécontents ils ne le rééliront pas. Ce que je vous réponds c’est que c’est vous qui n’êtes pas sérieux si vous avez des pensées pareilles.

On pouvait penser de la sorte il y a quelques siècles lorsque le peuple n’avait d’expérience significative de l’élection de masse. Ce que je dis, c’est que si il en était ainsi les élus seraient presque toujours meilleurs que ceux de la génération précédente. En effet, les électeurs auraient tout loisir d’éprouver les faiblesses des uns pour ensuite en choisir d’ autres plus à même de servir l’intérêt général.

La pensée magique n’est pas toujours là où on le croit

Non mais là vous êtes en pleine pensée magique, où d’élection de masse en élection de masse, la masse sélectionne de proche en proche l’élu parfait correspondant au profil optimal du candidat qui tiendra ses promesses.

Le problème de cette approche, c’est qu’on ne parle pas de votants, mais de bulots. Sinon, comment expliquer cette évolution qui va du Général de Gaulle, se poursuit par Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande, et maintenant Macron ???

D’un point de vue scientifique il ne faut pas oublier que les expériences comportementales ont bien mis en évidence ce qui régissait les processus de décision : ce n’est pas le raisonnement, mais l’habitude. C’est pour cela qu’elles sont si dures à changer.

Le raisonnement a moins d’influence qu’on le dit

Le raisonnement, lui, pourra se baser sur des valeurs personnelles, mais il ne sert qu’à justifier le vote. Il nous sert à avoir bonne conscience, peu importe la crapule — que nous ne connaissons pas — pour laquelle nous avons voté. Puisque nous avons notre raison pour justifier notre choix à coup de pensées subtiles, édifiantes, lumineuses auprès de notre entourage et surtout devant nous-même.

Or, statistiquement, d’où vient l’habitude dans le cadre des élections de masse ? De la télévision, de la radio et autres canaux de diffusion de masse qui impriment les noms des candidats plus ou moins durablement dans votre cerveau qui, je vous l’accorde, avait sans doute d’autres chats à fouetter.

Mais il ressort de cette démonstration que tant que l’élection de masse existera, le capital dominera, les deux sont indissociables.

Inhumaine

Ce que je reproche à l’élection de masse, c’est qu’elle est inhumaine. Oui, le fait que beaucoup de gens votent ne lui confère aucune humanité. Au contraire. Après tout, on dit aussi que l’impôt tue l’impôt, et les gens préfèrent souvent travailler dans des entreprises à taille humaine, avec pas trop de salariés.

La première image que nous allons étudier est celle du départ en vacances. C’est bien le départ en vacances. On dit souvent que plus il est compliqué, plus les vacances vont être bonnes. Et c’est bien les vacances. Comme le droit de vote est bien, aussi. Mais quand tout le monde part en même temps, c’est compliqué, dirons nous.

Alors, je ne vais pas vous faire croire qu’il y a des queues interminables aux bureaux de vote, qu’on y risque l’insolation en été ou la congélation en hiver. Cela arrive pourtant, mais l’objet de cet article sans prétention est de présenter quelque généralité, pas de pointer du doigt quelque cas particulier.

D’autant plus que le bureau de vote, lui, peut être considéré de taille humaine. Et à l’intérieur, il y a, dirons nous, un peu de chaleur humaine. Les gens à l’entrée nous disent bonjour, il y a un minimum de respect. Je dis ça, car je hais tellement l’élection de masse que je veux absolument garder deux-trois choses positives pour dire le jour de son enterrement, que j’espère proche.

Mais s’il y a un peu de chaleur humaine et de bonne éducation à l’entrée du bureau de vote, il y a une rigueur du règlement, un peu surprenante. Aussi, s’il est compréhensible que l’anonymat du vote puisse être garantit pour ceux qui souhaitent en profiter, il est pour le moins surprenant qu’on ait pas le droit de montrer pour qui on vote. Car si vous essayez de le faire, vous aller voir les gens du bureau de vote beaucoup sympathiques et polis qu’il vous avait paru au premier abord.

Car c’est la première grosse contradiction de l’élection de masse. On a le droit de vote, mais personne n’a le droit de savoir pour qui l’on vote. C’est complètement débile. D’autant plus que la publication assumée de nombreux votes pourrait ajouter quelque crédit aux résultats officiels des élections. Mais le système préfère privilégier la suspicion. Comment ne pas avoir des doutes sur ce qui se passe lors des dépouillements ?

Les forces en présence ont beau être officiellement en compétition, ne savons nous pas qu’ils sont copains comme cochon dans la vrai vie ? Surtout que les règles électorales, la morale, tout ça c’est du vent dès qu’il s’agit de proclamer les résultats. Et même après, s’il s’avère qu’un candidat ou une candidate a enfreint quelque règle tout dépendra s’il est dans le camps des vainqueurs ou celui des vaincus.

L’exemple le plus fameux est sans doute celui du roi fainéant Chirac, dont les comptes de campagne, de l’aveu même du président de la commission, étaient truqués à un point qu’il était inutile d’en parler plus longtemps. Il a tout de même été confirmé dans ses fonctions en dépit du caractère manifestement frauduleux des moyens employés pour arriver à ses fins.

Eh oui, l’élection de masse est injuste. Fatalement. Les ceusses qui respectent scrupuleusement le règlement n’ont aucune chance de gagner, et ce faisant ce sont eux qui ont des problèmes avec le système électoral de masse qui les broie, sans pitié. S’ils ne veulent pas y perdre trop de plumes, le mieux est de trouver un arrangement avec les vainqueurs, vous savez, un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. Surtout qu’en manière électorale, de bon procès, il n’y en a pas.

Alors me direz-vous, c’est normal, le roi interdit à ses sujets de porter la couronne car il est le seul à pourvoir le faire. Et par exemple dans un contexte multinational compliqué, dans une mondialisation agressive, il vaut mieux que le chef de l’État ne soit pas toujours très respectueux des usages car les autres ne le seront pas toujours, et je ne dirai pas le contraire. En fait, pour gagner du terrain, ou dans le cas de la France d’aujourd’hui, pour ne pas en perdre trop, la posture de bon élève systématique est à proscrire.

Je le dis, je suis d’accord, mais cela n’enlève rien au fait que l’élection de masse est monstrueusement injuste. Surtout que, l’élection présidentielle est un cas particulier dans le sens où elle a été approuvée par référendum, donc elle est légitime. Injuste, mais légitime. Alors que les autres scrutins sont justes illégitimes. Alors vous me direz qu’elles ont elles aussi été validées lors du référendum initial sur la Vème République.

Bulletin de vote « Oui », pour le referendum du 28 septembre 1958, pour une nouvelle Constitution, proposee par le general Charles de Gaulle. ©Selva/Leemage

Ce n’est pas tout-à-fait vrai. La constitution dit au final très peu de choses sur l’organisation des scrutins. Et, pour aller plus loin, ce te texte se base sur la déclaration universelle des droits de l’homme, dont l’article 21.3 précise que les scrutins doivent être honnêtes et libres. Laissez-moi rire. Les élections ne sont ni honnêtes ni libres. Ni honnêtes, bon, ça c’est une évidence, ni libres, car les votants ne sont absolument pas libres de voter pour qui ils veulent.

S’ils mettent dans l’urne un autre nom qu’un de ceux qui est proposé par l’État leur bulletin est alors considéré comme nul. Le pire étant dans le cas des scrutins de liste, où le votant se voit obligé d’accepter une liste de noms en bloc, même sil sait par expérience que certains n’auraient rien à y faire. Les élections ne sont pas libres, vous n’avez pas le droit de faire campagne la veille ou même le jour du scrutin. Pourquoi ?

Car le législateur, cet homme de pouvoir qui a écrit les règles du pouvoir, en a décidé ainsi. Les politiciens se sont mis d’accord entre eux pour établir des règles de scrutin qui leur soient favorables, afin de conserver le pouvoir qui est une drogue. Plus on en a, plus on en veut. Nous les électeurs nous n’avons fait que subir cette situation. Et moi le citoyen je réclame le sevrage de l’élection de masse.

Critique culturelle du RIC

Bonjour, ceci est mon dernier article en critique du RIC. Et il va être question aujourd’hui des raisons qui font que même si 80% des gens se disent favorables à son instauration, concrètement lorsqu’il s’agit de voter pour des représentants qui peuvent réellement changer les choses, eh bien le RIC passe à la trappe.

Bon, combien de gros partis politiques ont-ils réellement mis le RIC dans leur programme, c’est une question pas évidente à laquelle seul un spécialiste tel Yvan Bachaud pourrait répondre. D’autant plus que les gros partis, même s’ils mettent le RIC dans leur programme, ils l’oublient dès qu’ils arrivent à l’Assemblée Nationale. Une autre solution est de faire des propositions dans ce sens à l’Assemblée, en sachant très bien qu’elles seront refusées, mais cela donne bonne conscience et manipule l’électorat.

Mais oublions un peu les gros partis et intéressons-nous à l’individu. Bon, déjà c’est clair que l’individu est soumis au bombardement incessant des armes d’abrutissement massif que sont la télévision et la radio subventionnées. Et ce bombardement n’est pas en faveur du RIC, c’est vrai.

Mais après tout même si la télé disait que le RIC c’est bien, l’individu en serait-il convaincu ? Je pense que non. Déjà, le fait que les médias de masse et la classe politique soient sur une ligne ne signifie pas forcément que le peuple soit sur la même, on l’a vu en 2005.

Mais surtout, qu’est-ce qui fait que l’individu a des doutes sur le RIC ? D’un côté la logique lui dit qu’il faut instaurer un contre-pouvoir à l’arbitraire présidentiel, et que le RIC pourrait être bien pour ça. Mais d’un autre côté, déjà, la même logique lui dit que ça ne sert à rien d’élire un Président si c’est pour lui mettre des bâtons dans les roues après.

La constitution doit rester claire. Elle peut sembler injuste parfois, arbitraire certainement, mais elle doit rester claire. Car le manque de clarté laisse trop de place aux intrigues de pouvoir et étouffe le développement du pays. La France en sait quelque chose, car la loi salique — loi très claire s’il en est — a joué un rôle important dans l’histoire lointaine du pays.

Et là soyons très clairs : ce n’est pas la loi salique en elle-même qui a aidé le jeune royaume à se développer. C’est le fait que, EN COMPARAISON AVEC LES ROYAUMES VOISINS, ce système de désignation du chef laissait peu de place aux intrigues de pouvoir et obligeait donc les élites à développer le pays si elles voulaient se développer elles-même.

Et là, que fait le RIC ? Il étouffe le pouvoir présidentiel. Donc les groupes d’influence vont s’en donner à cœur joie de passer par la case la plus haute pour défendre leurs intérêts, plutôt que de développer le pays.

Vous trouvez que j’exagère lorsque je dis que le RIC étouffe le pouvoir présidentiel ? Eh bien considérez que c’est peut-être exagéré mais dans l’âme du peuple c’est plutôt comme ça. S’il y a deux pouvoirs, l’esprit de contradiction français veut savoir lequel des deux est le plus fort.

Ce n’est pas le cas en Suisse. Car en Suisse, si deux pouvoirs sont en présence, ça ne sert peut-être à rien de les confronter : ils ne parlent peut-être pas la même langue.

*

On pourrait s’arrêter là, mais ce serait faire l’impasse sur les Lumières françaises, et l’esprit de modération d’un Montesquieu, qui tout modéré qu’il est pourrait élever quelque protestation quant-au manque de considération de son idée dans mon exposé.

Il faut tout de même un contre-pouvoir face à l’arbitraire.

Mais sur qui s’exerce le pouvoir ? Sur le peuple. Donc le peuple doit avoir des représentants pour s’opposer à l’arbitraire du pouvoir, qu’il soit monarchique ou présidentiel. Malheureusement dans les deux cas il est absolu en France.

Pourquoi est-il devenu absolu ? Parce que le peuple français n’a pas réussi à trouver un équilibre stable entre pouvoir exécutif et législatif. Il a trouvé récemment une solution, un compromis, qui semblait le satisfaire, ou pour être plus précis qui le satisfait après coup : la cohabitation.

Et qu’on ne me parle pas du Sénat, qui va peut-être se refaire une virginité politique au détour de l’affaire Benalla, mais on reste dans l’apparence. D’autre part, les sénateurs représentent les collectivités locales. Et les collectivités locales, c’est pas les français. Ce sont des collectivités qui ont leurs besoins et leurs contraintes propres. Et surtout, la relation de représentation n’est pas transitive. Si Pierre représente Jacques, et Jacques représente Paul, on ne peut pas forcément dire que Pierre représente Paul.

Enfin, à l’origine de la Vème, c’est le Sénat qui désignait le Président de la République, mais le peuple a voulu qu’il en soit autrement par référendum.

Or, du fait de l’inversion du calendrier rendue possible encore par référendum, et par l’action perfide de Jacques Chirac il est clair que l’Assemblée Nationale va rester dans la main du Président.

La seule solution, je le répète sans cesse, est de simplifier drastiquement l’élection des députés. Les faire élire par 577 grands électeurs tirés au sort sur les listes électorales. Ainsi les députés seront plus proches de leurs électeurs car ils leur doivent tout.

Critique du RIC

Par où commencer ? Peut-être par le début, c’est-à-dire définir le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) : Donc deux choses, référendum, et la question est écrite par des gens non élus. Étant entendu que le référendum est organisé par l’État.

Avant de parler du fond, on va peut-être parler de la forme. Parce que c’est justement un problème. Quelle forme ? Les partisans du RIC ne sont pas d’accord entre eux. Les partisans dirons-nous « canal historique » d’Yvan Bachaud veulent que la constitution soit modifiée pour définir un seuil de signatures citoyennes sur une proposition, permettant le déclenchement d’une procédure référendaire organisée par les pouvoirs publics.

On leur reproche de ne pas suffisamment prendre en compte l’action des médias de masse, qui risque de fausser le résultat des référenda, et même en amont qui risque de filtrer les propositions pour ne garder que celles qui sont sans danger pour le pouvoir en place. Donc, la nouvelle génération — Étienne Chouard, Gilets jaunes — travaille sur un RIC « amélioré », empêchant que la volonté populaire ne soit mal interprétée, du fait des distorsions médiatiques.

Le problème, c’est que là, ça devient complètement contradictoire. Pour protéger le RIC contre les manipulations, notamment médiatiques, on va sévèrement modifier la constitution, à coup d’institutionnalisation du quatrième pouvoir, le médiatique, de chambre citoyenne tirée au sort pour filtrer les propositions, et parfois même de collège d’experts censés éclairer le débat, dont j’aimerais bien que l’on m’explique comment on va garantir leur impartialité.

Et là, on ne peut que constater la mauvaise foi d’Étienne Chouard, qui considérait comme rédhibitoire la complexité du Traité Constitutionnel Européen en 2005, mais qui ne voit d’objection majeure à compliquer significativement la constitution française. C’est le deux poids deux mesures, d’autant plus absurde qu’ainsi ce RIC trop compliqué ne pourra pas être un outil politique à l’usage du peuple, qui a besoin de choses simples.

Bref, il y a de nombreuses façons d’envisager le RIC, et c’est pas tout de dire que 80% des gens y sont favorables, oui, mais quel RIC ? C’est comme dire qu’il y a sans doute au moins 90% des gens qui sont favorables à la paix dans le monde ou plus simplement à l’éradication de la pauvreté en France. Oui, mais on fait comment ? Quelles seront les modalités ? Va-t-on se mettre d’accord là dessus ?

Et il y a autre chose que les partisans des RICs oublient un peu vite, c’est le passage par la case Macron. Car imaginons un consensus (on se demande comment) sur des modalités précises du RIC, le maître de l’illusion n’aura aucun mal à faire sont travail si c’est nécessaire, et vous faire croire que vous avez gagné alors qu’en fait vous avez perdu. Là c’est un problème de posture, qui est lié au manque d’expérience politique de nombreux partisans de RIC, ils demandent, ils disent qu’il exigent un changement de contrat avec un banquier. Et ils s’imaginent les petits lapins que le banquier ne va rien obtenir en échange.

Alors on va me sortir l’exemple de la Suisse. En Suisse il y a des banquiers, et il y a le RIC. Oui, mais en Suisse il y a une culture qui veut ça. Je dirais même qu’il y a des cultures, puisqu’il y a plusieurs langues officielles, donc ça ne pose pas de problème de combiner plusieurs types de légitimité, la représentative et la directe. Parce que, entendons-nous bien, en France il y a la culture de la contradiction, donc deux légitimités différentes vont forcément entrer en conflit pour savoir qui est la plus forte. Macron l’a récemment exprimé devant un parterre de maires, et je suis tout-à-fait d’accord avec lui sur ce point.

Alors qu’en Suisse par exemple – pays militairement neutre, rappelons-le aussi – ça n’a pas de sens de dire qui est le plus grand auteur de littérature, car on ne peut pas comparer un auteur germanophone avec un auteur francophone, de langue italienne ou romanche. Les talents sont là, mais ça ne sert à rien de les comparer, ils sont là, c’est tout. Pareil pour les légitimités politiques, représentative et directe, elles sont là, c’est tout, pas dans la même langue politique mais elles sont là. On a pas à en marchander une avec un banquier.

Le fond maintenant. Ben le problème c’est que les français sont peureux. C’est une belle bande de poules mouillées. Elles sont dans l’assurance, elles ont peur de tout, donc elles veulent être assurées contre tout. J’en veux pour preuve un haut personnage de l’État, le président de l’Assemblée Nationale, qui est dans l’assurance, bien que l’on lui prête des manières de petit escroc de l’immobilier. Et c’est bien le problème français, si vous voulez une assurance, faut la payer. Si vous voulez un RIC inviolable, vous allez prendre cher.

*

C’est pourquoi, pour ne pas sombrer dans le pessimisme, je vais vous présenter le seul RIC qui trouve grâce à mes yeux, j’ai nommé le RIC simplifié. En fait il est tellement simple qu’il n’existe pas, ou si on regarde d’une autre manière il existe déjà, il suffit de le révéler, faire la petite modification qu’il faut dans la pierre angulaire du système de domination française pour qu’il exprime son plein potentiel. Et surtout on ne passe pas par la case Macron, ou alors en mode fait accompli, le travail ayant déjà été effectué avant.

Alors, de quoi s’agit-il ? Il s’agit de simplifier et de sécuriser l’élection des députés, pour que ces derniers soient plus enclins à relayer les initiatives citoyennes via la procédure existante dans la constitution de référendum d’initiative parlementaire. Comment fait-on cela ? C’est très simple, on institue – sans l’instituer formellement – un canal de communication privilégié entre les citoyens et les députés au moment de leur élection ; et dès que ce canal est rompu, on sait que le député n’est plus légitime.

Comment réaliser une telle élection ? Il n’y a pas 36 solutions. La seule qui a été étudiée et qui résiste aux critiques jusqu’à présent c’est l’élection des députés par 577 grands électeurs tirés au sort dans le corps électoral. On peut virer les lois encadrant la campagne électorale — il n’y en a plus, et autant moins à payer pour le contribuable —, et les grands électeurs peuvent choisir qui ils veulent dans leur entourage ou ailleurs pour les représenter à l’Assemblée Nationale, à condition que la personne soit d’accord bien entendu.

Bénéfice pour le contribuable, c’est que tout électeur qui ne trouve personne pour le représenter laisse un siège vide à l’Assemblée, un de moins à payer. Bénéfice pour le citoyen, c’est que le grand électeur, à l’issue de l’élection redevient un simple citoyen, et donc il sera plus sensible aux initiatives citoyennes qui lui semblent pertinentes. Or il suffit qu’il dise à la radio que son député ne le représente plus, pour que le représentant perde toute sa légitimité. Donc, pour d’autres raisons, le député a tout intérêt à relayer les initiatives citoyennes.

On finit avec une citation de Paul Valéry : ce qui est simple est faux, mais ce qui ne l’est pas est inapplicable.

Le capricieux Ric

 

 

 

 

 

 

C’est le capricieux Ric qui n’en veut que pour lui,
Matin midi et soir, toujours la même lubie :
Des référenda, lancés par les citoyens,
Et tant pis si on fuit, la question des moyens.

Cela vient de son éducation, achevée
À la pisse culturelle de la télévision.
Il est comme un junkie, complètement larvé.
Comment faire, pour le ramener à la raison ?

Et pourtant nous le peuple savons bien par expérience
Qu’il faut travailler pour vivre, et pour la subsistance
Nous sommes condamnés à créer de la richesse
Et de la politique nous fuyons les finesses.

On a pas l’ temps pour ça, comprends bien petit Ric,
Et c’est pour ça que l’on envoie des députés
Au palais Bourbon pour nous y représenter,
Même si c’est clair, on comprend bien qu’il y a un hic.

Le hic, c’est que le pouvoir est comme l’héroïne,
C’est une forte drogue qui coupe des réalités ;
Et c’est pourquoi, c’est vrai, et c’est souvent cité,
En Suisse le référendum passe pour une doctrine

De nature à contrer les excès des élus.
Mais si la Suisse peut facilement combiner
Plusieurs types de légitimité reconnues,
C’est qu’au moins quatre langues y sont enracinées.

Allemand, Français, Italien et Romanche y sont
Les vecteurs des systèmes de pensée, permettant
D’y voir au moins deux systèmes de domination
Dans le cerveau brumeux du puissant Léviathan.

En France une telle chose ne serait pas naturelle,
elle ferait donc l’objet d’un cruel marchandage
où le RIC participera au sabotage
comme en Italie, des droits individuels !

En France, ce que nous dirait une bonne médecine,
C’est qu’il faut prendre le problème à la racine.
Et c’est le Peuple, lui-même, en autogestion,
Qui doit envoyer des gens au Palais bourbon.

Ne plus dépendre d’une liste de candidats
Imposée par l’État ; et d’un scrutin de masse,
Débile, injuste, onéreux, et d’une bêtise crasse,
Qui favorise les possesseurs des grands médias.

Il faut tirer au sort de simples citoyens,
577, du corps électoral,
qui désigneront ensuite — quoi de plus normal —
LES VRAIS REPRÉSENTANTS DU PEUPLE SOUVERAIN !

Et pour ce faire — préparer aux grands électeurs —
J’appelle en ce jour, et pour les années qui viennent
Les démocrates réels à se faire collecteurs
Des listes électorales de leurs communes humaines.

Lettre à Machiavel au sujet du RIC

Cher Machiavel,

 

il me plaît de poursuivre notre discussion ici.

Elle a trait au référendum d’initiative citoyenne (RIC), que la mouvance chouariste appelle de ses voeux.

Je ne suis pas contre le principe que de simples citoyens puissent initier des référenda ; et d’ailleurs que ce soit soit dans la missive du Prince ou dans les dernières déclarations de ses valets, nous sentons le vent tourner en faveur d’une possible implication des citoyens dans les affaires de leur pays.

Nos points de vue divergent cependant quant-à la forme.

Pour vous cher Machiavel, non seulement le RIC doit être explicitement inscrit dans la Constitution, mais cette dernière doit fournir des garanties quant-à sa bonne exécution, des protections contre les possibles manipulations dont il pourra faire l’objet.

Mon opinion vous l’aurez compris est inverse : il suffit de changer le mode de désignation des représentants du peuple, pour que ces derniers soient plus enclins à relayer les initiatives citoyennes.

Aussi, dans un premier temps, et comme le veut la tradition argumentative, je parcourerai les quatre types de RIC dans l’ordre croissant de mes doutes à leur égard. Puis, en dépit de mon affection pour vous j’insisterai sur le fait que d’après moi votre discours n’est pas, vraiment pas réaliste, il en est même dangereux. Cela fait, cette lettre se soldera par une tentative d’élevation du débat, qui débouchera sur la présentation de certains aspects de ma proposition.

Mais pour commencer, il est à noter que le RIC est la seule modalité légitime pour changer la Constitution. En effet, ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir. Une telle évidence pourra être partagée par le plus grand nombre, il n’y a que ceux qui sont déjà bien enivrés par le pouvoir qui ne sont pas forcément de cet avis.

Cependant la question est de savoir s’il est pertinent de changer la constitution. Je ne le pense pas, elle a déjà été changée pas mal de fois au cours de la Vème République, avec le résultat que l’on sait, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Ne nous étendons pas là dessus maintenant, nous aurons l’occasion d’en rediscuter.

Vient ensuite le référendum révocatoire. Là encore, je ne puis avancer quelque objection de fond, étant donné que ce que le peuple a fait, seul le peuple peut le défaire. Les gens élisent des représentants, ils peuvent les révoquer c’est logique.

Le soucis c’est que l’impatience, si elle est une belle vertu dans le monde professionnel, notamment chez l’informaticien qui accélère le travail des machines ; cette même impatience est très dangereuse en politique, bien que le mot « attendre » n’y existe pas : et c’est bien là le piège d’ailleurs. N’oublions pas que les élus sont des êtres humains, pas des machines.

Alors, quid du référendum abrogatoire ?

C’est une perte de temps. De toute façon, si la caste politico-médiatique a décidé d’un dispositif législatif pour faire avancer ses intérêts, elle le restaurera, sous une autre forme, même après abrogation populaire. Le peuple lui, est occupé à créer de la richesse pour subsister, il n’a pas le temps pour s’immiscer dans des querelles sans fin.

Et même punition pour le référendum législatif, si une loi est contraire aux intérêts des puissants, elle sera contournée, balayée, écrasée par ces derniers.

Mais ce n’est pas le plus important.

Le plus important c’est que votre discours est dangereux car il n’est pas réaliste.

Reprenons.

Il est évident que les puissances d’argent feront tout pour influer sur le résultat des référenda, si la question touche à leurs intérêts. Deux cas se présentent alors : elles gagnent ou elles perdent. Si elles gagnent, leurs intérêts voient leur légitimité renforcée par le sceau de la volonté populaire. Si elles perdent, elles n’auront qu’à donner un petit susucre à quelque politicien, la catastrophe du 4 février 2008 en est un bel exemple.

Alors vous me dites, oui mais il faut justement modifier la constitution pour que cette dernière garantisse une non-ingérence des médias détenus par les milliardaires durant le processus référendaire. Non mais MaQiavel, franchement, sur quelle planète vivez-vous ?

D’une part, ça ne répond pas complètement à la question, d’autre part bon courage pour changer la constitution dans ce sens, et enfin, avez-vous une autre solution que l’expropriation ? Ah si, vous avez parlé, si je me souviens bien, du « média du RIC ». Pourquoi pas, mais que ce passera-t-il si les puissances d’argent arrivent malgré tout à contrôler ce média ? C’est pire.

Je connais votre discours, il existe un antidote, une baguette magique, qui permet de couper le lien entre l’argent et le pouvoir politique. On devrait plutôt parler de ciseau magique du coup. Il s’agit du tirage au sort. Et je suis d’accord avec ça.

Le problème c’est qu’un média de masse n’est pas seulement une affaire de bonne volonté. Il faut des compétences, des gens rémunérés, du matériel. Je vois certes comme vous de nombreux blogueurs très talentueux, et ça me donne espoir, mais d’un autre côté je n’oublie pas que le pouvoir est une drogue, et qu’un média du RIC serait très haut dans le pouvoir.

Je trouve que votre discours est très dangereux.

Alors passons au mien maintenant si vous voulez bien.

Déjà dire d’où il vient.

Il vient de la langue française, et c’est important car la langue est le reflet d’un peuple.

Plus précisément il vient des sémiologues des années 80 qui ont théorisé les trois modalités de l’action, qu’elle soit politique donc collective ou individuelle. Il s’agit du Pouvoir, du Savoir et du Vouloir. Et le problème français, c’est que le Vouloir est captif du Pouvoir.

Vu de plus près, on voit des citoyens ligotés politiquement, et ne me dites pas que vous voyez autre chose, je vous ai posé explicitement la question de savoir s’il « s’agit de pouvoir bouger au moins quelque chose, ne serait-ce qu’un petit doigt pour donner du jeu au cordage ». Et vous avez répondu : « Tout à fait , je partage à 100 % cette façon de voir ».

Nous y voilà.

Il ne reste plus qu’à demander son avis au Savoir.

C’est très simple, la solution est dans le lâcher-prise du plus grand nombre au profit de 577 grands électeurs qui pourront manipuler le cordage dans de meilleures conditions, c’est-à-dire choisir les députés avec le plus grand soin.

Mais puisqu’en France le cens n’a pas de sens, il n’y a pas d’autre procédure que le tirage au sort dans les listes électorales pour constituer le collège de grands électeurs. Nous ne saurions accepter d’ailleurs, aucune forme de discrimination, qu’elle soit de genre, de race, ou d’opinion politique.

Mais quitte à donner du jeu au cordage, allons-y vraiment.

Organisons des élections populaires, libres, c’est-à-dire sans candidat. Quittons le cirque électoral pour rejoindre le domaine de la démarche civique, celle où l’électeur cherche quelqu’un pour le représenter à l’Assemblée Nationale, discute peut-être un peu avec lui pour lui demander son avis et lui faire comprendre qu’un élu perd toute légitimité sitôt que son électeur déclare ne plus se sentir représenté.

Cela permet aussi à un électeur de se choisir lui-même, car c’est bien connu, on est jamais mieux représenté que par soi-même. Ou au contraire, s’il refuse de porter une telle reponsabilité – ce qui est son droit – il peut faire ce qu’il fait déjà maintenant, c’est-à-dire ne pas voter, et laisser par là même un siège vide à l’assemblée, qui nous coûtera moins cher.